La bonne attitude …

temoin-marie-andreeC’était la quatrième fois que je rencontrais ce monsieur de 85 ans. Le contact était chaleureux et nous étions contents de nous revoir. A mon arrivée ce jour là, sa porte était entre-ouverte et dès qu’il m’a aperçue, il m’a fait signe de venir. Il voulait me présenter à sa femme qui était là avec son beau frère et sa belle sœur. Je lui dis que je vais retirer mon manteau, me préparer et que je repasserai dans la matinée.

Je reviens donc plus tard. La famille est encore là. Nous parlons tous ensemble. Sa femme me tend un billet de 20€ que je refuse bien sûr, en lui expliquant la gratuité de notre engagement et parle de notre association. Puis la famille veut partir et je me retire pour continuer mes accompagnements.

Lorsque je viens reposer le cahier de liaison dans le service, je vois que Monsieur X est dĂ©sormais seul et je rentre dans sa chambre. Il me dit : – « vous partez ? vous ĂŞtes « sĹ“ur » ? (il me repose la question) Je peux vous embrasser ? On a encore des choses Ă  se dire !». Je me suis sentie très Ă©mue et dĂ©routĂ©e, et j’ai Ă©tĂ© longtemps «habitĂ©e» par le dĂ©roulement de ces Ă©changes !

Avais-je eu la bonne attitude ? Aurais-je dû déposer mon manteau ? Rester encore ? Les paroles que j’aurais pu dire ? La semaine suivante, l’état de ce monsieur s’est aggravé, et il est décédé quelques jours après. J’ai pu partager tout cela avec mon groupe de parole.

Marie-Andrée